Au Pays de Kaline

Au Pays de Kaline

LE PERVERS

Le Pervers !

Il est partout, à chaque coin de rue, dans toutes les soirées, au bureau, dans les familles et aux alentours des écoles. Cette épidémie pourrit la vie des Mauriciennes. Aux armes citoyennes !

 

 

Nous avons presque toutes l’habitude des « Psssst Psssst Psssst » licencieux et des « BonZours » libidineux. Nous n’y prêtons même plus attention car, pas une journée ne passe sans qu’un frustré de la braguette ne nous fasse grâce de ses commentaires pitoyables.

 

Il est triste de constater que dès l’école primaire, beaucoup d’entre nous ont eu droit au lamentable spectacle du pénis vérolé. Certes, à 8 ans cela peut choquer, mais à 18 ans, le traumatisme devient une habitude et nous apprenons à ne plus voir. Et quand j’y pense, c’est tout de même grave. Si j’étais de mauvaise humeur, je conseillerais à toutes les mères de transmettre à leurs filles dès l’âge de 3 ans l’apprentissage du maniement du couteau et du découpage de saucisson...mais ne soyons pas extrémistes, il paraît que c’est illégal.

 

 

 

Le cochon du Bus

 

 

Commençons par le grand classique mauricien, le sadique du bus. Monsieur se frotte, écarte les jambes, lustre son bras rempli de sueur contre le vôtre et son souffle s’accélère. C’est vrai que par peur du scandale, parfois, nous n’osons rien dire et attendons patiemment le prochain arrêt de bus pour trouver une autre place ou carrément descendre. Et ben je dis STOP !


Mon conseil (que je n’ai jamais suivi, car j’étais une poule mouillée quand je prenais le bus…et maintenant j’ai une voiture) :


« Qu’est-ce tu fous espèce de bachara ? Tu cherches du frottema-frottema ? Tu préfères pas que je te frotte mon poing dans la gueule ? »

Ouais, faut se la péter. Les trois fois où j’ai eu affaire au « malprope » du bus, j’étais tétanisée et ensuite j'ai ruminé sur mon manque de cran en me disant « j'aurais du faire ci, j’aurais du dire ça ». Mais je sais aujourd’hui qu’il faut agir comme si vous aviez une ceinture noir foncé de karaté-ninja-kamikaze…quand vous êtes dans une foule de témoins, of course. Si t’es seule, tu fais la championne de sprint.

 

 

Aux Armes mes sœurs ! Si jouer au tapeur vous semble exagéré, demandez-lui haut et fort (pour que toute l’assistance vous entende) s’il compte prendre toute la place jusqu’à s’allonger sur vous ? Ou alors, appelez directement le contrôleur pour vous plaindre des frictions douteuses.

 

 

En parlant d’assistance, une copine a eu droit aux applaudissements des badauds quand elle se baladait à Orchard Center il y a quelques jours.

 

La Bousse sale

 

Anielle (une jeune maman au décolleté sympathique sans être provocant) a eu droit au "cosson-la-bousse-sale" pendant son shopping du samedi. Les centres commerciaux de l’île regorgent de ces imbéciles jouant aux prédateurs. Cependant, s’ils se voient comme des fauves chassant leurs proies, c’est aux femmes de leur prouver qu’elles ne sont pas des victimes.

 

 

Elle décrit sa mésaventure en ces termes sur Facebook (copy/paste) :

 

 

Un obsédé tout à l'heure à Orchard: chérie, je vais enfoncer ma figure dans tes seins et m'étouffer avec!
Moi: très bien dans ce cas, moi je te mets une mèche sur la bite, je craque une allumette et je te la fais exploser en confettis!

Applaudissement des passants!

 

 

Anielle est un exemple à suivre car elle a osé sortir du rôle de la biche éffarouchée que les sous-hommes aimeraient nous voir jouer pour assouvir leur "cause-cake" (prémisses du fantasme masturbatoir). Dotée d’une belle paire de couilles métaphoriques bien plus impressionnantes que les réelles et pendouillantes de la plupart des mâles homo-pas-sapiens-du-tout de ce pays, la jeune femme a prouvé à cette bouche sale que son terrain de chasse devrait désormais se cantonner à son imaginaire.

 

J'aimerais tellement pouvoir clouer le bec à tous ces imbéciles, même ceux qui osent les « Tsss Tsss hé mamoizelle, mamoizelle, Tsssss, vouzette bien..soze..hein..sar...charmante » ou ceux qui aspirent bruyamment l’air avec un bruit de salive en vous salissant de leur regard affamé « Béééééélle ».

Mais je préfère les ignorer en me disant que la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe...En fait, je manque parfois de répartie (incroyable...je sais).

Et la seule fois où j’ai rétorqué « Ta gueule ! » à un tel individu, j’ai eu droit à un « Tah Pitin ! To croire to trop zoli ». J'ai eu envie de répondre « Navin sort de ce corps, » mais j’ai poursuivi ma route car je n’avais pas mon nunchaku sur moi.

 


L’exhibitionniste

 

 

Si plus jeune vous avez fui d’effroi devant l’horrible vision de la verge du pervers, aujourd’hui regardez-la bien en face quitte à régurgiter votre déjeuner. Ouais, elle est moche…en même temps y a-t-il des pénis que l’on pourrait qualifier de « beaux » ?

La technique habituelle de l’exhibitionniste est de vous pssit-psssiter et quand bêtement vous vous retournez, votre regard est attiré par le mouvement saccadé de sa main. Autre technique à laquelle j’ai eu droit, c’est celle du vélo. J’avais douze ans et j’attendais ma mère au portail de l’école en fin d’après-midi. Un vieux truc moche perché sur un vieux vélo passe et repasse, et rerepasse. Quand j’ai fini par m’en rendre compte et me demander pourquoi il faisait autant de va-et-vient, c’est là que j’ai compris qu’il voulait à tout prix me montrer sa zézette toute pourrie.

 

 Aux armes ! Mais pas pour un hara-kiri ! Donc je me suis cachée derrière un arbre en priant la Sainte Vierge Marie et son fils, Sangoku et Lady Oscar pour le retour de ma Momon.

 

 


Mon conseil :


Si vous ne risquez rien, apprenez à ce taré du slip la politesse. S’exhiber l’excite ? Et bien, montrez-lui que vous ça vous fait plutôt rire :

« Quoi ?!!! C’est ce minuscule machin rabougri que tu veux me montrer ? Ou ti bizin honté ène pti-ti zaffaire coum sa ? »

 

 

  

Il y a ceux qui s'excitent en vous susurrant des mots doux, ceux qui s'excitent quand vous les regardez et ceux qui s'excitent en vous regardant.

 

Le château de sable

 

 

J’avais 17 ans et pour réviser mes Maths, je suis allée sur la plage histoire de rendre la corvée plus supportable. Comme je suis pas non plus teubée, je me suis installée près de l’hôtel où j’étais sûre de ne pas être seule. Un jeune homme à peine plus âgé s’est installé à 5 mètres de moi et a commencé à construire un château de sable.

 

« Soit il est gogol, soit y'a un truc louche » que j’me suis dit !

 

 

Il n’était pas gogol, mais voulait jouer avec son gogot* (Désolée Maman d’avoir écrit ce gros mot tout à fait vulgaire mais c’était trop tentant).

Le jeune pervers avait donc décidé de construire un rempart de sable entre ses jambes pour s’astiquer la nouille.

 

S’il avait été moins con, il aurait évité de gémir comme une tortue en plein coït. Ainsi je n’aurais pas pris la peine de me lever pour gueuler :

 

« L%*ki #ou M**#xx »  (si je mets ce que j’ai gueulé ma Maman va faire une syncope) et aucun gros bonhomme italien ne serait sorti de l’eau pour le poursuivre. J'ai remercié mon « sauveur rital » en me demandant combien de litres de sperme il y avait sur nos plages de sable blanc. En tous cas, c'est une belle image de notre île que ce branleur a offert aux quelques touristes présents.

 

 

Mon conseil :


Si j’étais de mauvaise humeur, je conseillerais de le capturer, de le ligoter et de pratiquer du débitage (oui, le jeu de mot est intentionnel)...mais je ne le ferai pas car ce n’est pas légal. Mais un bon coup de dans les bourses, ça serait jouissif, non ?

 

 

Ce fléau sévit dans tous les pays mais il me semble que Maurice a décidé de faire partie du Guinness Book of Record. Comment une île si petite peut-elle contenir autant d’hommes malsains ? N’étant pas sociologue, je ne peux qu’émettre l’hypothèse que la frustration causée par les carcans sociétaux et religieux a créé des générations de prédateurs.

Les réfractaires pointeront du doigt Internet, la télévision ou les touristes qui auraient augmenté la poussée des besoins naturels. Mais je pense que ce sont les tabous moyenâgeux qui développent une frustration conduisant à la prolifération des déviances.

 

 

 

De plus, il y a à Maurice un manque de respect évident à l’égard des femmes. Donc, rien d’étonnant que dès leur naissance et jusqu’à leurs vieux jours, elles soient constamment harcelées.

 

 


 J’entends déjà certains dire que mes mésaventures semblent bien nombreuses et que je dois certainement être responsable. En effet, à Maurice c’est la femme qui cherche à se faire siffler, harceler, violer etc. Si une femme se fait agresser, c’est qu’elle l’a bien cherché (jupe trop courte, décolleté généreux, sourire... Il y a toujours une bonne raison de la culpabiliser).


Pour ma part, j’étais encore à l’école quand ces cochoncetés se sont produites. J’étais donc encore une enfant squelettique et blafarde et pas la merveilleuse et fantastique glamourous Katwoman (Meeeeeowdestie quand tu me tiens) que je suis aujourd’hui. Et même si à la trentaine je suis une bombasse, cela veut-il dire que je n’ai pas droit au respect ?

 


 

Même si nous décidions toutes de nous couvrir de la tête au pied et de renier notre féminité et notre liberté, cela ne changerait rien ! Nous continuerions à subir la dégénérescence du cerveau masculin mauricien (situé en alternance dans son petit crâne et sous sa ceinture…mais plus souvent sous sa ceinture).

 

Anielle m’a parlé des « slut walks » et je conseille vivement à toutes les mauriciennes de s’inspirer de ces femmes qui, à travers le monde, font un bras d’honneur à tous les pervers et ceux qui cautionnent leurs actes en rejetant la faute sur les femmes et leurs tenues vestimentaires.


 

 

 

 

 

 

http://www.liberation.fr/monde/01012351277-les-marches-des-salopes-la-liberte-contre-les-stereotypes


Faut-il accepter encore que les hommes nous culpabilisent parce ce qu’ils sont incapables de dominer leur asticot ?

 

 

Je reste libre et j’opte pour le démembrement !

 

 

 



23/09/2011
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