Au Pays de Kaline

Au Pays de Kaline

IMPOSSIBLE BEAUTÉ

L’Art de l’Impossible beauté

 

 

Alors que je souffrais le martyre dans une position plus que gênante chez mon esthéticienne, je me répétais sans cesse l’adage « Il faut souffrir pour être belle » afin d'étouffer chaque hurlement et retenir mes larmes. Épilation, régime et autres maux … Les femmes sont-elles vouées à la souffrance pour répondre aux critères de beauté du monde moderne ?

 

 

Cachez ces poils que je ne saurais voir

 

Que penserait Gustave Courbet s’il voyait ce que nous faisons subir à nos founes aujourd’hui ? Lui qui a choqué et provoqué des réactions érectiles en 1866 avec son célèbre tableau, L’Origine du monde, doit se retourner dans sa tombe. Il a rendu hommage à la femme et à son joyau d’où naît la vie avec une huile sur toile qui expose un sexe féminin et sa dense toison. Dans un sex shop musée, ce tableau serait classé parmi les œuvres destinées aux déviants : les "grosse-touffe lovers". Qui trouve cela beau aujourd’hui ?

Mon esthéticienne, le monde de la mode et l’industrie du rasoir et autre crème dépilatoire hurleraient à l’infamie.

 

 

Cependant, quand on y pense, la pilosité est le signe de la maturité sexuelle physique. Comment se fait-il alors que nous nous efforçons de plus en plus à ressembler à de petites filles imberbes ? La déviance sexuelle ne devrait-elle pas être pointée du doigt chez les adorateurs du zéro poil ? Je ne dis pas que l’on devrait toutes se promener avec les aisselles touffues, les jambes tapissées et le maillot velu…mais doit-on pour autant tout enlever ? Essayons-nous là de renier notre animalité ou notre âge ?

 

 

Esprit de contradiction

 

Ah quelle belle époque que celle de Vénus et les Grâces surprises par un mortel
de Jacques Blanchard (1631-1633). Au 17e siècle, les rondeurs étaient alors le top de la beauté. Une belle femme est une femme bien dodue avec tout ce qu’il faut là où il faut… Mais quand on y pense, il était alors difficile d’avoir des bourrelets à moins d’être une riche bourgeoise pouvant se sustenter matin, midi et soir. Celles qui étaient sans le sou, donc la grande majorité, ne pouvaient se targuer d’embonpoint. Une silhouette squelettique de crève-la-faim n’aurait excité aucun adorateur de l’esthétisme à l’époque.

 

 

Bizarrement, nous devons aujourd’hui ressembler à des gaulettes alors que notre génération lutte contre la malbouffe. « On est foutu, on mange trop » disait l’autre : l’obésité est le fléau de toutes les civilisations qui s’enrichissent. Même les pseudo-communistes chinois doivent aujourd’hui faire face à la balance et à l’IMC de sa population.

La femme piquée par un serpent d'Auguste Clésinger (1847) serait aujourd’hui mise au régime si elle faisait ce calcul et rares sont les hommes (surtout les jeunes cons) qui avoueraient s’extasier sur ce corps bien en chair. La jeune génération dont le cerveau est formaté pour admirer des formes androgynes de papier glacé peut-elle encore s'émouvoir devant les courbes appétissantes de cette statue en marbre ? Pour la petite histoire, Clésinger avait utilisé un moulage sur nature du corps d'Apollonie Sabatier (la muse de Charles Baudelaire).

 

 

 

J'ai parfois l'impression que la beauté est une théorie subjective élaborée par des dictateurs de la beauté autoproclamés. Leur but étant de la réserver à des "happy few" et que tout est fait pour que l’objectif à atteindre soit le plus dur possible.

Je me demande alors QUI sont ces dictateurs qui ont corrompu les médias ?

Est-ce que ce sont ces vieux messieurs qui font défiler des porte-manteaux et qui apprécient énormément les garçonnets fluets ?

 

Est-ce leurs critères de beauté abjurant toute trace de féminité qui sont relayés dans les magazines et sur les écrans ?

Voulons-nous vraiment ressembler à de frêles éphèbes qui font fantasmer de vieux cochons qui n'ont jamais frétillé de la braguette devant une femme ?

 

 

Vu les conjonctures économiques et l’approche de l’apocalypse, la bonne nouvelle mesdames c’est que nous allons bientôt maigrir. Plus de bouffe, donc plus de kilos en trop !

Mais rappelez-vous que la beauté est réservée à ceux qui en ont les moyens. Les critères de beauté après les cataclysmes planétaires et pendant la troisième guerre mondiale vont changer, c'est sûr !!! Seuls les privilégiés auront droit au Mac Do et l’anorexie sera alors démodée : SOoooo before 2012.

 

Je parie que lorsque nous ressemblerons aux gamines rachitiques qui défilent pour Karl Lagerfeld, le summum de la beauté sera la culotte de cheval.

 



27/10/2011
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