Au Pays de Kaline

Au Pays de Kaline

GLU

 
GLU
La politesse peut être votre pire ennemi lorsque vous êtes confronté à une personne qui n'a pas eu la chance de recevoir la même éducation que vous, c'est-à-dire, la bonne ! Vous vous retrouvez alors décontenancé face aux réactions d'un être "différent", d'un malotru qui malgré vos messages subliminaux continue à vous coller.

 
Samedi soir, mon amie et moi espérions passer une bonne soirée devant un verre à papoter et à regarder les autres noctambules du bar. Mais c'était sans compter la présence de son coach sportif. Par politesse, devant son sourire toute dents dehors, elle le saluait avec les futilités ordinaires d'une rencontre fortuite. Au lieu de s'enorgueillir modestement de la chance incroyable qu'il a eue qu'elle lui parle en dehors de la salle de sport, ce mufle osa s'inviter à notre table au lieu de se contenter de l'immense bonté dont ma Pineco venait de faire preuve. Dois-je préciser le coach en question est très moche ? Soyons honnête : le texte aurait été tout autre si le prof de gym avait le charme de Hugh Jackman, la tête de Hugh Jackman, le corps de Hugh Jackman, le cerveau de...(non, ça on s'en fout).
 
Bas les pattes 
 
Comme prévu, il s'ensuivit une conversation portant sur la pluie et le beau temps de trois longues minutes et trente-deux secondes. Elle se retourna ensuite vers moi en évitant pour de bon le regard de l'intrus. Nous décidâmes (du passe simple !!!) alors par télépathie de discuter d'un sujet hautement philosophique que le moche ne pourrait pas comprendre (chaussures, sacs à main, coiffure). Si ce mufle avait eu un peu de bon sens, il aurait alors compris qu'il était temps pour lui de dégager ! Mais non ! Le voilà qui se lève, interrompt notre conversation pour déblatérer quelques imbécilités sur le stress au travail et la nécessité de se détendre. Et v'la ti pas qu'il ose poser ses sales pattes sur les épaules immaculées de ma pauvre amie dans une tentative de massage libidineux !!! Tétanisée par l'audace de ce goujat, elle me lança un regard de détresse alors que cet idiot s'étonnait du fait qu'elle soit tendue ! Elle tenta des petits « Aie ! Aie ! ça fait mal » pour lui faire comprendre poliment de cesser cette inconvenance. Mais le porc se délectait...Je lui demandais alors fermement de s'arrêter, car de toutes évidences ma copine n'appréciait pas du tout.
 
Suivez mon regard

« Mais je suis son coach ! C'est pour son bien ! Coum ça coincée ? Faut être coooool mademoiselle ! » (Je vous ai dit qu'il était aussi con que moche ?) Il fallut que mon amie pousse un cri de douleur ahurissant pour que la bête retire ses tentacules. La pauvre voulait se cacher sous la table devant les regards interloqués des autres clients (sa mère lui a toujours répété que se faire remarquer est très mal élevé). Pour enfoncer le couteau dans la plaie, il posa ses fesses pas "coach sportif" du tout à ses côtés et commença à la toucher en parlant dans son français approximatif. Et vas-y que je te pose la main sur le genou, sur l'épaule, sur la jambe, que je frotte mon bras contre ton bras. À chaque contact mon amie avait un petit rictus nerveux de dégout et jetait un regard désapprobateur sur le point d'impact. Mais ces signes-là, il ne les comprenait pas. C'était tellement clair pour nous alors que lui : Rien, Que dal, Nada, Napacomprenunferfout ! Nous ne pouvions que partir, car la bienséance nous empêchait de faire un scandale. Et le voilà qui se lève pour savoir s'il peut venir avec nous en boîte !!! Alors là ! C'était trop ! (Je vous ai dit qu'il était aussi con que moche ?)
 
Marre d'être polie

Mais les bonnes manières sont tenaces, elles vous paralysent, elles changent les mots qui hurlent dans vos entrailles pour les transformer en sourire poli et en mots d'une neutralité pathétique. Seul le mensonge pouvait nous débarrasser de ce morpion qui s'accrochait à nous comme à son poil. Nous prétextions donc la fatigue avant de nous éclipser tant bien que mal en boîte de nuit (la politesse est aussi une forme de lâcheté). Mais notre rage face à notre incapacité à nous défendre contre ce genre d'individus nous catastrophait réellement. C'était à ce plouc de comprendre ce qui se fait et ne se fait pas et d'enregistrer les signes de protestation, hélas, trop subtils pour de telles personnes. Pourtant, tout en nous hurlait « Casse-toi pauvre con ! Tu nous dégoutes avec tes sales pattes parfaitement assorties à ta sale gueule ». Mais la glu n'a pas d'œil et donc... (Ben oui) elle ne voit pas (ou alors elle a si peu d'amour propre qu'elle s'en fout !). Bref, à qui la faute ? Notre politesse ascendant lâcheté ou ça-vilain-la-gli-là ?
 
Je rappelais à ma petite ingénue que dès lundi il lui faudrait affronter le coach et lui dire en face qu'il était allé trop loin, qu'il avait franchi la barrière invisible de la politesse...(ouep, elle est invisible, mais c'est pas une raison!) Il lui faudrait donc trouver les mots justes pour se mettre au niveau de cet abruti, c'est-à-dire, se rabaisser à la vérité brutale pour se faire respecter et oublier le vernis de la diplomatie (j'ai pas dit hypocrisie, ok ? et si tu vois pas la différence, ben t'es qu'un coach!) *

 

 

 

Conclusion : Elle changea de club de gym...

 

 

 

* Soyons clairs, je n'ai rien contre les coachs. Les coachs sont nos amis. Les coachs ont des vies difficiles. Ils travaillent au plus près des pieds qui puent, des aisselles ruisselantes, des gras du bide, de la fesse molle et du jambon à cellulite. Cette phrase est donc une blague et la preuve que je n'avais aucun argument intelligent concernant le dilemme « hypocrisie v/s diplomatie »


 


07/09/2011
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