Au Pays de Kaline

Au Pays de Kaline

CHRONIQUE D'UN SACCAGE ANNONCÉ

 

Chronique d’un Saccage Annoncé

 

 

Étant une vieille fille à chats depuis l’âge de sept ans, rien d’étonnant à ce qu’à trente ans (et des poussières) je sois de celles qui cherchent une catsitter pour ses adorables petits bébés poilus. Je serai franche : je parle à mes chats avec une voix mielleuse haut perchée, je les appelle « mes enfants » et j’ai beaucoup plus de considération pour eux et leurs potes à poils et à plumes que pour les êtres humains en général. Je suis donc une caricature de crazy cat lady.

 

 

 

 

Et c’est ainsi que la catsitter est entrée dans ma maison. Désespérée à l’idée de laisser mes enfants sans câlins et sans amour pendant trois semaines, j’ai fini par faire confiance à une demoiselle croisée çà et là en soirée. Certains m’avaient pourtant mise en garde très gentiment, mais sans pour autant accabler ladite catsitter que je nommerai Biquette Le Coq pour respecter son anonymat (Muahahaha).

 

 

 Biquette

 

 

 

Je me suis donc efforcée de lui faire confiance malgré mes premières impressions. Bien mal m’en a pris : la maison que mon cher et tendre loue à la sueur de son front a été tout bonnement saccagée.

 

 

1.       Toujours Écouter son Instinct

 


La première fois que j’ai vu Biquette, son regard vide ne m’a inspiré que de l’indifférence, mais au fil des rencontres, une stupide philosophie de vie (que je compte bien abandonner) m’a incitée à lui laisser le bénéfice du doute. De plus, la biquette n’est pas bête et sait comment manipuler la débile à chats que je suis parfois.

En lui laissant les clés de la maison, je voulais à tout prix me convaincre que tout irait bien afin de profiter de ces vacances plus que méritées après huit mois de travail abrutissant. 

 

La Biquette m'avait également supplié avant de partir d'avoir la jouissance de ma voiture. Requête évidemment refusée au départ. Finalement («connement» serait plus approprié comme adverbe), je suis partie sans cacher mes clés à cause d'une absurde (crétine) envie de faire confiance.

Et puis, je l'avoue, je me suis dit qu'en cas d’URGENCE (comme aller chez le véto!!!ouais ouais ouais une débile à chats j'vous dis!) ma titine serait bien utile. Mais ma merveilleuse épave a fait le tour de l'île quotidiennement. P.S - « Merci pour les déchets qui y sont restés. »

 

J'allais oublié! La colocataire de Biquette a arraché le frein à main de mon tacot sans me laisser un mot (après tout, elle s’en fout si j’ai un accident...) et sans s’excuser.

 

(Rectification le 30/11/12: en fait, la colocataire de la Biquette est venue me voir pour s'excuser à 16h20... J'suis précise! J'en ai profité pour m'excuser également auprès d'elle, car j'avais déversé sur elle ma colère dans un passage de cet article. Je l'ai supprimé depuis)

 

 J'oubliais : Mesdemoiselles, quand on part en week-end, il serait judicieux de laisser de la nourriture et de l'eau aux chats, d'éteindre les lumières et de FERMER les fenêtres. N'est-ce pas évident que c'est là un appel au vol ? Je sais, je sais, vous n'en avez rien à foutre de ce qui n'est pas à vous et il est vrai qu'avec des personnes comme vous dans une maison, les voleurs font pâle figure.

 

 

2. La Biquette est Voleuse

 

 

Mes prières sont donc restées sans réponse. Notre retour fut douloureux. Il fallut affronter le regard de « Je t’avais pourtant prévenue » de mon amoureux et ma culpabilité d’avoir ainsi laissé sa maison être souillée. Et pour couronner le tout, mon cœur de mère saigna devant mes chats affamés et amaigris. Mais la biquette (qui prétend adorer les animaux) n’est pas que cruelle, elle est aussi voleuse ! Des couverts volés, des serviettes volées, le stock de PQ volé, la nourriture de mes chats volés, les produits de beauté les plus chers pillés, mes verres à vin disparus… Aujourd’hui encore, je refuse d’ouvrir ma boîte de CD/DVD (j’espère que mes goûts pouraves les auront préservés). Vous vous doutez bien que mes bouquins, eux, n’ont pas bougé d’un centimètre.

Est-ce de la délation si je parle des oriflammes publicitaires laissées dans MON jardin et qui, après enquête, se révèlent avoir été volées lors d’une compétition de kite surf au Morne ?

 

 

 

 

3.       La Biquette est une Porcasse

 


Passons les détails scabreux du vomi ayant imprégné les carreaux et les rainures de la salle de bain ou des canapés boueux de traces de chaussures et autre bave de chien (oui, un chien a vécu chez moi, dormi sur les canapés neufs et dans mon lit pendant que mes chats, eux, étaient foutus à la porte). Première vision d’horreur en rentrant, c’est la piscine opaque et marron. Après avoir retroussé ses manches, mon homme découvre moult capsules de bière bouchant l’aspirateur. Au fil des jours, le chlore nous révèle d’autres capsules, des couverts, un lip gloss, un œuf dur…oui, un œuf. Il semblerait que presque toute la vaisselle a séjourné dans la piscine. Autre séjour (et celui-là de longue durée), c'est le reste de boisson alcoolisée et fruits pourris dans ma glacière. Une vaste colonie de moucherons et autres larves nous a joyeusement souhaité la bienvenue en bourdonnant « Surprise ! » quand mon homme a ouvert la glacière. La gorette n'allait tout de même pas nettoyer ce qu'elle avait sali voyons !

 

 

 

 

 

J’ai prié en passant l’insecticide un peu partout que Baygon tue aussi les morpions, car toute une fange (non, je n’ai pas oublié le R) de la jeunesse consanguine de Rivière-Noire est venue faire ce qu’elle sait faire de mieux chez moi : casser, crotter, glander avec toute l’assurance et l'élégance de rednecks aimant se déguiser avec des bonnets pointus.

 

 

 

 

 

 

 

4.       La Biquette vit dans la nostalgie de l’époque coloniale

 


Dans ma naïveté (bon ok, ma connerie) j’ai également fait subir à mes voisins un tapage nocturne incessant. Mais celle qui a le plus subi se nomme Marie-Michèle.

Marie-Michèle vient quelques fois par semaine faire le ménage à la maison, mais a accepté de venir cinq jours par semaine durant mon absence. C’est certainement grâce à elle que mes chats ne sont pas morts de faim. La pauvre a essayé tant bien que mal de sauver la maison devenue porcherie, travaillant même parfois des heures supplémentaires sous les ordres de truies suintant de mépris (j’adore cette rime !).

 

 

 

 

En effet, la Biquette, sous ses airs de hippy, n’a d’hippy que les joints qu’elle s’enfile. N’allez pas croire qu’une robe à fleurs, un sourire niais, un regard bovin et un discours peace and love ecstasié font d’une personne une égalitariste baba cool. Loin de là. Quand l’occasion lui est donnée de traiter les gens comme de la crotte, elle n’hésite pas ! J’aurais voulu lui demander,

« As-tu parlé et traité Marie-Michèle comme de la merde parce qu’elle est noire ou parce qu’elle est technicienne de surface ? » (Ouais, je dis technicienne de surface, parce que je trouve ça drôle et que j’adorais utiliser cette appellation lorsque j’ai fait ce beau métier quelque temps en France). Mais je l’entends me rétorquer « Je ne suis pas raciste, j’ai un ami de couleur ! » (il serait pas friqué aussi ? L’argent n’a pas de couleur, n’est-ce pas ?) La biquette, qui est chômeuse à temps quasi complet et parasite diplômé (mais parasite quand même), n’a aucune raison de regarder de haut une femme qui, ELLE, travaille dignement. D’ailleurs, Marie-Michèle a bien plus de dignité que la pauvre Biquette n’en aura jamais et elle ne méritait pas un tel comportement de la part d’une personne qui ne lui arrive pas à la cheville.

 

 Et dire que Biquette me parlait de son père en le comparant à Hitler ! Son oeil humide, sa lèvre presque tremblante m'avaient touchée (mais quelle conne je suis !!!). J'admirais presque cette brave petite qui avait survécu à l'éducation d'un LePeniste. Il faut croire que les chiens ne font pas des chats.

 

 

Le Respect

 

 

Quand je pense que la biquette propose à d’ignorants parents de prodiguer à leurs innocents enfants des cours d’anglais. Mon sang se glace à l’idée de la savoir seule avec des marmailles, qui bien que chiants, ne méritent pas d’être sous la responsabilité d’une personne qui n’est pas en mesure d’être responsable. Mais ce n’est pas seulement la notion de responsabilité qui est étrangère à Biquette, c’est également le RESPECT. Je n’ai aucune idée de la manière dont Biquette et ses acolytes ont a été élevés et je m'intérroge sur le genre de parents qui est capable de laisser sa progéniture s’avilir de la sorte. Ce qui est clair c’est que le respect n’est pour elle qu’un vague mot aperçu ou entendu un jour, mais qu’elle est incapable d’en saisir toute la profondeur. Comment expliquer le respect à une personne qui n’a pas la faculté de comprendre ce principe fondamental d'une bonne éducation ?

 

 

 

Cet article n’est pas drôle, je le sais. Je ne cherche pas à être drôle : je suis en colère et déçue. Mon sens de l’humour a pris un sacré coup il y a un mois. Ma foi en l’être humain n’était déjà pas au top, mais là…là…elle est proche de l’inexistence. Je remercie Biquette de m’avoir ouvert les yeux aussi brutalement et de m’avoir refilé un sacré complexe de supériorité.

Par contre, je ne lui dis pas merci d’avoir enfin glissé dans ma boîte aux lettres le double des clés de la maison près d’un mois après mon retour de vacances.

 

Et le remboursement ?

 

Zéro ! Comment peut-on avoir une telle note d'électricité ? Mais qu'est-ce qu'elles ont bien pu faire ces parasites suceurs de sang ? Sans oublier ce qui ne se rembourse pas : la confiance perdue, la première sculpture que mon homme a faite (Je suis tellement désolée mon chéri).

 

Et des excuses dans tout ça ?

 

Zéro !

 

(30/11/12) Rectification : la colocataire de Biquette est venue s'excuser. Il semble que la pauvre a elle aussi été embarquée dans cette sale histoire par excès de confiance.



07/11/2012
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