Au Pays de Kaline

Au Pays de Kaline

AVORTEMENT

Avortement

« Toute femme enceinte que la grossesse place dans une situation de détresse dont elle est seule juge, peut demander à un médecin l'interruption de cette grossesse. »

 

Étant par nature irrévérencieuse, je préfère laisser la parole à d'autres pour ne pas exciter la plèbe mauricienne archaïque et hypocrite. Mais comme ça me démange, je voudrais, avant de copy/paste la suite, mettre mon grain de sel avec cette citation :

 

« Considérer l'avortement comme un geste criminel revient, si l'on pousse plus loin la réflexion, à considérer une branlette comme un génocide... et la fellation comme de l'anthropophagie ! »


 

 

 


 

Voici le "manifeste des 343 salopes" qui ont le courage de dire "Je me suis fait avorter". Manifeste paru dans dans le Nouvel Observateur n°334 du 5 avril 1971.

Un million de femmes se font avorter chaque année en France.

Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
On fait le silence sur ces millions de femmes.
Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté.
De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. 

Avortement

Mot qui semble exprimer et limiter une fois pour toutes le combat féministe. Être féministe, c’est lutter pour l’avortement libre et gratuit.
Avortement
C’est une affaire de bonnes femmes, quelque chose comme la cuisine, les langes, quelque chose de sale. Lutter pour obtenir l’avortement libre et gratuit, cela a l’air dérisoire ou mesquin. Toujours cette odeur d’hôpital ou de nourriture, ou de caca derrière les femmes.
La complexité des émotions liées à la lutte pour l’avortement indique avec précision notre difficulté d’être, le mal que nous avons à nous persuader que cela vaut le coup de se battre pour nous.
Il va de soi que nous n’avons pas comme les autres êtres humains le droit de disposer de notre corps. Pourtant notre ventre nous appartient.
L’avortement libre et gratuit n’est pas le but ultime de la lutte des femmes. Au contraire il ne correspond qu’à l’exigence la plus élémentaire, ce sans quoi le combat politique ne peut même pas commencer. Il est de nécessité vitale que les femmes récupèrent et réintègrent leur corps. Elles sont celles de qui la condition est unique dans l’histoire : les êtres humains qui, dans les sociétés modernes, n’ont pas la libre disposition de leur corps. Jusqu’à présent, seuls les esclaves ont connu cette condition.
Le scandale persiste. Chaque année 1 500 000 femmes vivent dans la honte et le désespoir. 5 000 d’entre nous meurent. Mais l’ordre moral n’en est pas bousculé. On voudrait crier.
L’avortement libre et gratuit c’est :
cesser immédiatement d’avoir honte de son corps, être libre et fière dans son corps comme tous ceux qui jusqu’ici en ont eu le plein emploi ;
ne plus avoir honte d’être une femme.
Un ego qui fout le camp en petits morceaux, c’est ce qu’éprouvent toutes les femmes qui doivent pratiquer un avortement clandestin ;
être soi à tout moment, ne plus avoir cette crainte ignoble d’être “ prise ”, prise au piège, d’être double et impuissante avec une espèce de tumeur dans le ventre ;
un combat enthousiasmant, dans la mesure où, si je le gagne, je commence seulement à m’appartenir en propre et non plus à l’Etat, à une famille, à un enfant dont je ne veux pas ;
une étape pour parvenir au contrôle complet de la production des enfants. Les femmes comme tous les : autres producteurs ont de fait le droit absolu au contrôle de toutes leurs productions. Ce contrôle implique un changement radical des structures mentales des femmes et un changement non moins radical des structures de la société.
1. Je ferai un enfant si j’en ai envie, nulle pression morale, nulle institution, nul impératif économique ne peut m’y contraindre. Cela est mon pouvoir politique. Comme tout producteur, je peux, en attendant mieux, faire pression sur la société à travers ma production (grève d’enfants).
2. Je ferai un enfant si j’en ai envie et si la société dans laquelle je le fais naître est convenable pour moi, si elle ne fait pas de moi l’esclave de cet enfant, sa nourrice, sa bonne, sa tête de Turc.
3. Je ferai un enfant si j’en ai envie, si la société est convenable pour moi et convenable pour lui, j’en suis responsable, pas de risques de guerres, pas de travail assujetti aux cadences.

Non à la liberté surveillée
La bataille qui s’est engagée autour de l’avortement se passe au-dessus de la tête des principales intéressées, les femmes. La question de savoir si la loi doit être libéralisée, la question de savoir quels sont les cas où l’on peut se permettre l’avortement, en bref la question de l’avortement thérapeutique ne nous intéresse pas parce qu’elle ne nous concerne pas.

L’avortement thérapeutique exige de “ bonnes ” raisons pour avoir la “ permission ” d’avorter. En clair cela signifie que nous devons mériter de ne pas avoir d’enfants. Que la décision d’en avoir ou pas ne nous appartient pas plus qu’avant.
Le principe reste qu’il est légitime de forcer les femmes à avoir des enfants.
Une modification de la loi, en permettant des exceptions à ce principe, ne ferait que le renforcer. La plus libérale des lois réglementerait encore l’usage de notre corps. L’usage de notre corps n’a pas à être réglementé. Nous ne voulons pas des tolérances, des bribes de ce que les autres humains ont de naissance : la liberté d’user de leur corps comme ils l’entendent. Nous nous opposons autant à la loi Peyret ou au projet A.N.E.A. qu’à la loi actuelle comme nous nous opposerons à toute loi qui prétendra régler d’une façon quelconque notre corps. Nous ne voulons pas une meilleure loi, nous voulons sa suppression pure et simple. Nous ne demandons pas la charité, nous voulons la justice. Nous sommes 27 000 000 rien qu’ici. 27 000 000 de “ citoyennes ” traitées comme du bétail.
Aux fascistes de tout poil — qu’ils s’avouent comme tels et nous matraquent ou qu’ils s’appellent catholiques, intégristes, démographes, médecins, experts, juristes, “ hommes responsables ”, Debré, Peyret, Lejeune, Pompidou, Chauchard, le pape — nous disons que nous les avons démasqués.
Que nous les appelons les assassins du peuple. Que nous leur interdisons d’employer le terme “ respect de la vie ” qui est une obscénité dans leur bouche. Que nous sommes 27 000 000. Que nous lutterons jusqu’au bout parce que nous ne voulons rien de plus que notre dû : la libre disposition de notre corps.

Les dix commandements de l’Etat bourgeois
Fœtus plutôt qu’être humain choisiras quand cet être humain est femelle.

Femme point n’avortera tant que Debré réclamera 100 millions de Français.
100 millions de Français tu auras, tant que ça ne te coûte rien.
Particulièrement sévère seras avec femelles pauvres ne pouvant aller en Angleterre.
Ainsi volant de chômage tu auras pour faire plaisir à tes capitalistes.
Très moraliste tu seras, car Dieu sait ce que “ nos ” femmes feraient si libres.
Fœtus tu préserveras, car plus intéressant de les tuer à 18 ans, âge de la conscription.
Grand besoin tu en auras car politique impérialiste tu poursuivras.
Toi-même contraception utiliseras, pour envoyer rares enfants à Polytechnique ou l’E.N.A. parce qu’appartement 10 pièces seulement.
Quant aux autres, pilule dénigreras, car il ne manquerait plus que ça.

 

 

 

En effet, je ne suis ni chrétienne, ni musulmane, ni juive, ni hindouiste, ni boudhiste, ni sataniste, etc.

Si vos croyances condamnent l'IVG, sachez que je ne partage pas vos croyances et que je ne pratique pas vos religions. Vivez votre foi comme vous l'entendez, mais ne l'imposez pas aux autres.

 

 

 

REMARQUE :

 

ATTENTION : 
La très grande majorité des interruptions de grossesse se fait dans les premières 5 à 10 semaines d'aménorrhée (correspondant à 3 à 8 semaines de développement embryonnaire). Pour faire appel aux émotions et semer la confusion, les adversaires de l'avortement aiment présenter des images de foetus bien plus développés, fortement agrandies, souvent avec une indication erronée de l'âge du foetus.

Quelques notions

  • Avant la nidation de l'ovule dans la matrice, on parle d'ovule fécondé ou de zygote, blastocyste.
  • Le stade suivant est celui de l'embryon (jusqu'à 8 à 10 semaines après la fécondation).
  • Après, on parle de foetus.
  • Du point de vue médical, la durée de la grossesse (semaines d'aménorrhée) se calcule à partir du 1er jour de la dernière menstruation.
  • Par contre, la fécondation n'a lieu qu'environ 14 jours plus tard.
  • Dans le régime du délai, les 12 semaines d'aménorrhée concernent donc un foetus de 10 semaines au maximum (selon le droit Suisse. En France, le délai est de 14 semaines, le foetus a donc 12 semaines au maximum).
  • Du point de vue du droit pénal, la grossesse commence à la nidation, lorsque l'ovule fécondé s'est fixé dans la matrice, c'est-à-dire 7-14 jours après la fécondation. Les contraceptifs empêchant la nidation (stérilet, pilule "du lendemain", contraception d'urgence) ne sont donc pas des abortifs.
  • Le droit pénal ne parle d'enfant qu'à partir de la naissance.

La biologie nous permet aujourd'hui de décrire ce qui se passe exactement dans les différents stades du développement de l'embryon. Par contre, quelles sont les caractéristiques qui font l'homme, la personne humaine, quelle est la valeur morale de la vie embryonnaire en comparaison avec d'autres valeurs, ce sont là des questions éthiques et philosophiques auxquelles la science ne peut répondre.

 Faits biologiques

Il n'est pas possible de définir le moment précis où commencerait la "vie humaine", car il s'agit d'un processus. La vie ne commence pas à un certain moment, elle est donnée de génération en génération. Chaque ovule fécondable et chaque spermatozoïde est vivant et "humain". Ils contiennent chacun la moitié des chromosomes et des caractères héréditaires d'un futur embryon. Chacune de ces cellules est unique en son genre et se distingue génétiquement de tous les autres ovules et spermatozoïdes.

Lors de la fécondation, deux gamètes génétiquement uniques s’unissent. Ce processus dure 24 heures. Ensuite l’ovule fécondé commence à se diviser. Le nouveau génome ne devient actif qu'au stade de 4 à 8 cellules, c'est-à-dire au cours des 2-3 jours suivants.

Au début, les cellules du blastocyste (embryon au tout premier stade du développement) sont encore indifférenciées, „totipotentes". L’on ne peut pas encore déterminer quelles cellules formeront l’embryon proprement dit et lesquelles donneront le placenta. Jusqu’au 5ème jour, 60% des blastocystes s'atrophient spontanément et sont éliminés lors de la menstruation. Personne ne parlerait alors de la mort de "personnes".

Dès le 6ème jour, l’ovule fécondé commence à se fixer dans l’utérus (nidation). Le 14ème jour, ce processus est terminé. La formation de jumeaux est possible jusqu’à ce moment-là. C'est-à-dire que deux ou plusieurs individus peuvent se développer à partir d'un seul matériel génétique. C'est maintenant que commence la période embryonnaire proprement dite (4e à la 8e semaine).

Les premiers organes commencent à se former dès la 3ème semaine. Une circulation sanguine rudimentaire fonctionne trois semaines après la fécondation. C'est dès le 23ème jour env. qu'apparaissent les premières contractions de l'ébauche cardiaque. Après huit semaines (dix semaines après la dernière menstruation, tous les organes existent à l’état rudimentaire, toutefois ils sont encore loin de pouvoir fonctionner. Les poumons notamment sont incapables de fonctionner avant 20 semaines, même avec la ventilation artificielle un prématuré ne peut donc pas survivre avant. A partir de la 9ème semaine, le stade foetal commence.

A partir de 22 semaines de grossesse (20 semaines après la fécondation), un prématuré a une chance minime de survie en dehors du corps de la femme, grâce à l'emploi des techniques médicales les plus pointues. Pour les prématurés de moins de 28 semaines, il reste cependant un risque de 25% que l'enfant souffre de lésions graves et irréversibles.

Le développement du cerveau

Au début de la 4ème semaine après la fécondation, le tube neural (ébauche rudimentaire du système nerveux) se ferme, étape préliminaire du développement du cerveau et de la moelle épinière. Les premiers neurones (cellules du cerveau) se forment à la fin de la 4ème semaine. Dès le 33ème jour, on constate un développement différencié de la moelle épinière et du cerveau.

C’est entre le 2ème et le 5ème mois que la formation de neurones atteint son maximum; elle s’achève quelques mois après la naissance. Après leur apparition, certains neurones cheminent pendant des semaines jusqu’à leur point de destination. La formation et le cheminement des neurones provoque la croissance rapide du cerveau pendant les premiers mois de la grossesse.

La première ébauche du cortex (écorce cérébrale, substance grise recouvrant le cerveau) apparaît après six semaines. Peu à peu se développe le système nerveux. Autour de la 9ème semaine, les neurones commencent à former des synapses, c.à.d. un réseau de communication, des connexions entre les cellules du cerveau. Sans cette liaison, le cerveau ne peut transmettre aucune information.

FAUX: "Des ondes cérébrales sont mesurables dès la 6ème semaine"

Chaque cellule vivante, par exemple les cellules hépatiques, produisent des oscillations électriques qui ne sont toutefois pas comparables aux ondes régulières du cerveau. Celles-ci ne font leur apparition qu'au 6ème mois de grossesse.
cf. Brain_Waves.htm (anglais)

Le développement de la sensibilité à la douleur

FAUX: "Dès la 7e semaine, l'embryon peut ressentir la douleur"

Dès la 8ème semaine après la fécondation, des irritations peuvent provoquer des mouvements réflexes de l’embryon. A 18 semaines, on a observé des réactions hormonales du stress. Les réactions ou les perceptions conscientes (perception de la douleur par exemple) sont toutefois impossibles avant la 24ème semaine, l’écorce cérébrale foetale (cortex) n’étant pas fonctionnelle avant. Il n'existe pas non plus d'ondes cérébrales régulières avant ce stade du développement.

Pour qu’il y ait potentialité d'une perception quelconque, il faut qu’il existe un minimum de cellules du cerveau dans le cortex, que ces cellules aient atteint un certain stade de développement et qu’un certain nombre de synapses (connexions entre les cellules) se soient formées. Entre la 24ème et la 30ème semaine, on observe un développement très rapide des synapses.

"Le cervelet n’atteint sa configuration finale qu’au 7ème mois. L’enveloppe (myélinisation) de la moelle épinière et du cerveau ne commence à se former qu’entre la 20ème et la 40ème semaine de grossesse. Ces développements du système nerveux doivent exister pour que le foetus perçoive la douleur" (Déclaration de la société de gynécologie américaine). "L’écorce cérébrale n’est pas fonctionnelle avant la 26ème semaine. En tout cas, il est inexact de parler d’une «perception» ou d’une «réaction consciente» du foetus." (Maria Fitzgerald, prof. de neurobiologie, Londres).

Pour que le foetus puisse percevoir ou avoir conscience de la douleur, il faut que l'information sensorielle puisse être transférée vers le thalamus et le cortex cérébral. Ce n'est pas possible avant la 24ème semaine. L'absence de connexions dans le cortex signifie que la perception de la douleur n'est pas possible avant 24 semaines. Report of the Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, London, 2010

 



07/03/2012
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